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Black History Month Luxembourg 2026 : mémoire, héritage, inclusion… les enjeux d’une édition engagée.

À l’occasion du Black History Month Luxembourg 2026, Radio Tripoint est allé à la rencontre de Madeleine Yougye, directrice de l’association One People Luxembourg, pour une interview exclusive consacrée à la quatrième édition de cet événement devenu un rendez-vous important pour les communautés afrodescendantes du Grand-Duché.

La rédactionAktualiséiert den 12. Oktober 2026 3 Min. Liesen Luxembourg Ville
Madeleine Yougye .
© ASBL :One people Lux

Un rendez-vous pour faire connaître une histoire encore trop peu visible.

Lancé en 2023, le Black History Month Luxembourg entend mettre en lumière l’histoire des personnes africaines et afrodescendantes, mais aussi leurs contributions culturelles, intellectuelles et sociales. À travers une programmation mêlant concerts, cinéma, littérature, théâtre et débats, l’événement souhaite favoriser les rencontres et ouvrir le dialogue au sein de la société luxembourgeoise.

Pour cette quatrième édition, l’association One People place notamment l’héritage et la transmission au cœur de sa démarche. Un enjeu essentiel pour Madeleine Yougye, qui rappelle que cette histoire ne peut être réduite à l’esclavage et à la colonisation.

INTERVIEW EXCLUSIVE. Madame Madeleine Yougye, directrice de One People ASBL Luxembourg

Radio Tripoint : Cette année marque la quatrième édition du Black History Month Luxembourg. Qu’est-ce qui vous motive à poursuivre cette initiative ?

Madeleine Yougye : Lorsque nous avons lancé cette initiative en 2023, notre ambition était de créer un espace de rencontre, de découverte et de dialogue autour de l’histoire des personnes africaines et afrodescendantes. Quatre ans plus tard, cette ambition reste intacte. Nous sommes convaincus qu’on ne peut pas construire une société véritablement inclusive si une partie de son histoire, de ses contributions et de ses réalités reste invisible.

Radio Tripoint : Le thème de cette édition met en avant l’héritage et la transmission. Pourquoi est-ce important ?

Madeleine Yougye : La transmission est au cœur de la construction de notre identité, individuelle comme collective. Pendant longtemps, des générations entières ont grandi avec une connaissance très partielle de l’histoire africaine et de celle des diasporas. Pour les jeunes afrodescendants, il est important de pouvoir accéder à des modèles positifs, à des figures historiques, intellectuelles, artistiques et scientifiques auxquelles s’identifier. Mais cette transmission doit aussi s’inscrire dans une culture commune, partagée avec toutes les communautés.

Radio Tripoint : Votre programmation associe musique, cinéma, littérature, théâtre et débats. Quelle place souhaitez-vous donner aux talents afrodescendants du Luxembourg ?

Madeleine Yougye : Nous avons toujours voulu que le Black History Month soit un événement vivant, ouvert et accessible à différents publics. Notre programmation repose sur la complémentarité entre la connaissance, la création artistique et l’expérience vécue. Nous accordons également une place importante aux acteurs locaux : artistes, entrepreneurs, chercheurs et acteurs associatifs dont les talents et les contributions méritent d’être davantage reconnus. Notre ambition est de favoriser les collaborations et de créer des passerelles durables.

Radio Tripoint : Le Luxembourg est une société multiculturelle. Selon vous, le regard porté sur les communautés afrodescendantes a-t-il évolué ?

Madeleine Yougye : Ces dernières années, nous constatons une ouverture plus importante aux questions liées au racisme, aux discriminations, à la représentation et à l’histoire coloniale. C’est encourageant. Mais il existe encore un décalage entre la diversité que nous observons dans la société et celle que nous retrouvons dans les espaces de décision, les institutions culturelles, les médias ou les récits historiques. La visibilité et la participation sont importantes, mais elles ne suffisent pas. La parole des personnes concernées doit être écoutée, respectée et prise en compte.

Radio Tripoint : Quel message souhaitez-vous adresser aux personnes qui ne connaissent pas encore le Black History Month Luxembourg ?

Madeleine Yougye : Le Black History Month s’adresse à l’ensemble de la société luxembourgeoise, à toutes celles et ceux qui souhaitent contribuer à construire une société dans laquelle le racisme appartiendrait définitivement au passé. Il ne faut pas laisser nos différences devenir des instruments de division, mais en faire une richesse commune, sans jamais nier les injustices qui existent.

Une histoire qui nous concerne tous.

À travers cette quatrième édition, le Black History Month Luxembourg entend dépasser le cadre d’un simple rendez-vous culturel. L’initiative portée par One People invite à mieux connaître l’histoire africaine et afrodescendante, à valoriser les talents et à poursuivre la réflexion sur la place accordée à chacun dans la société.

Pour Madeleine Yougye, la transmission de cette mémoire est une responsabilité collective. Une démarche qui repose sur la connaissance, le dialogue et la reconnaissance des réalités vécues.

Comme elle le rappelle : « L’histoire des uns fait aussi partie de l’histoire des autres. »

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